•   Cela fait quelque temps que j'ai envie de dessiner une robe chasuble, noire plutôt à boutonnage simple. Et puis en faisant du tri dans des post-it griffonnés au boulot, je suis retombée sur une esquisse de robe avec une mosaïque poitrine qui dessinait un chat. Laissant de côté le concept un peu poussif de mosaïque, j'ai eu envie de jouer avec l'idée de tête de chat sur ma silhouette de base, idée qui se rapproche de celle de la salopette à tête de cerf, que je ne porte guère à cause du pantalon pas très confortable dont le tissu n'était pas optimal.

    Idée tordue

    Il serait noir, avec un petit collier rouge

      La robe chasuble minimaliste attendra probablement encore un peu. Il y avait une V1 "combichat", mais je ne vois absolument pas où mettre une ouverture !

    Idée tordue

    Le réalisme jusque dans le nombre de festons


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  • La divine poursuite

      Voici la version test de la chemise mixte en taille 44, dans son petit coupon en provenance de Loire-Atlantique (il en restait juste assez pour faire le plastron d'une Anouk à venir). Je n'ai pas retouché les couleurs parce que ça m'enquiquine au-delà du possible, mais sachez que ce marron est plus chaud dans la réalité.

    La divine poursuite

      J'en avais marre des coutures rabattues alors je me suis dit que quitte à faire dans le chronophage c'était le moment de dégainer la couture anglaise qui tue.

      Tout d'abord, quelques raisons de détester les coutures anglaises :
    - ça prend trois plombes
    - quand on veut les faire minces (moins de 5mm), il y a toujours des petits fils qui dépassent sur l'endroit de la couture finale
    - c'est difficile de doser ses marges au millimètre près
    - il faut être trois fois plus précautionneux dans les courbes
    - il y a toujours un moment ou on se goure et où on coud un endroit sur un envers, ou un envers sur un envers mais pas avec la bonne orientation.
    - quand il y a des morceaux à inclure en sandwich dans les coutures on est tellement concentré qu'on les oublie (hein les pattes d'épaule ?!!)

      J'ai toutefois l'impression que le rendu de la couture finale, sans surpiqûre, est plus net avec ce genre de couture. Pour l'argument du confort par contre, à moins d'être la princesse au petit pois...

    La divine poursuite

      J'ai commis la boulette du mois en ne me souvenant pas de la boulette du mois précédent, à savoir que va savoir pourquoi, il manque 5cm en longueur à ma pièce de manche. Et comme je ne l'ai pas noté ensuite, là j'ai coupé en mode automatique. Du coup le poignet a été adapté en un petit bracelet.

      Je commence à être contente de ma fabrication, y a juste les boutons que je couds encore trop serrés. Et si je la recommence pour moi, les boutons seront disposés de façon à ce qu'il y en ai un sur la ligne de poitrine ;)

    La divine poursuite

    La divine poursuite
    Trace discrète du passage des surplus de col d'un côté à l'autre

      Nous voici donc au point où je peux me déclarer satisfaite : pour une chemise à porter rentrée, je trouve le seyant impeccable : il permet une grande liberté de mouvement en étant aussi près du corps que possible.
    Un collègue s'étant montré intéressé, je vais essayer de la grader dans des tailles plus grandes.


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  •   Laissons Richard, sponsor officiel de la saint Valentin, introduire ce billet :



      Bien, bien, bien.

      Après avoir validé le patronage au quasi-identique d'une chemise masculine, je n'avais pas envie de m'arrêter là. J'étais curieuse de voir si ce patron était bien adapté à un homme et quelle adaptation faire pour, mettons, par exemple, qu'elle soit portable par mon mignon. Malgré des mensurations poitrine/taille/hanches pas si éloignées des miennes, ledit individu s'est senti un peu à l'étroit. En effet, au contrôle visuel, tout était uniformément "juste" : il manquait environ 1 cm partout !

      Pour disposer de points de repères, j'ai donc investi dans la version masculine du Devenir modéliste d'Esmod (bruit de tiroir caisse), assorti de son fascicule de gradation (ting !), de ce fameux livre sur les chemises (ting !) et on rajoutera une grande règle métallique flexible-ible-ible-ible (écho sur le compte courant ravagé). Compte tenu des mensurations de l'individu, j'ai construit une base en taille 46 (càd la taille qui correspond à 92cm de tour de poitrine, et à un 39/40 en taille de chemise), puis dessiné l'élargissement pour chemise droite (sans pince, avec empiècement et pli d'aisance au dos). Puis j'ai superposé ce patron avec celui de la chemise recopiée. Et enfin je me suis plongée dans la contemplation méditative, en me demandant comment contenter la chèvre et le chou = comment avoir un patron attribuable à une taille précise tout en y laissant la forme générale désirée. Et tomber sur la taille juste pour le mignon du premier coup, tant qu'à faire.
      Nos lecteurs les plus perspicaces ont peut-être deviné que la carotte ultime sur ce coup là serait de m'entrainer à la gradation afin d'obtenir un patron qui conviendrait aux deux sexes (et trouver quelle taille va à qui).

      Mais nous n'en sommes pas de là. J'ai reporté sur une feuille les 2 patrons à mélanger en les surperposant au niveau de l'encolure. Puis coupe de poire en 2 avec comme condition le 1cm supplémentaire nécessaire à chaque côté.
      Après vérification des longueurs, c'est parti pour une toile.
      La base en 46 était encore un peu juste pour notre cobaye ; il faut dire qu'il aime les chemises amples, et que l'encolure était encore limite.
      Essayons de reconstruire une base en taille 48 (= 41 en taille chemise). La toile va mieux.

      Avant de faire un prototype, j'ai quand même voulu essayer la gradation pour les 3 tailles inférieures.
    Ah, la gradation... c'est un peu la fête du slip cette histoire. Bon, pour les points qui ne se déplacent qu'horizontalement ou verticalement, ok. Mais retomber sur ses pieds quand les points se déplacent en diagonale, c'est plus chaud. Par exemple en appliquant la méthode esmod aux épaules, je me retrouve avec une longueur d'épaule qui évolue de 4mm en 4mm alors que dans leur table de mesures elle est sensée évoluer de 3mm en 3mm. Ce doit être une façon polie de signifier au lecteur qu'il est temps de prendre son envol vers l'autonomie et... le mouillage de chemise. Autant dire que j'ai intérieurement hurlé ma joie quand j'ai contrôlé que le tour d'encolure prenait bien 1cm à chaque taille.

      Comme la couleur des tissus à chemise de Sacrés coupons ne m'inspirait pas, je me suis rabattue sur un coupon de batiste des coupons Saint Pierre, en serrant les fesses parce que c'était de l'imprimé (qui plus est à moitié transparent) et que quoi qu'on en dise pour un cadeau à un garçon ça reste délicat. Toutefois la couleur était trop prometteuse pour ne pas le présenter au concours des plus beaux prototypes.

    For your lover give some time

     
      2 jours plus tard, la chemise en taille 48 est terminée. J'ai placé le thermocollant à l'intérieur des pièces car "bubulle" m'est plus sympathique dans les BD de Gaston que sur les dessus de col. Pas de surpiqûre sur le col, je le trouve plus classe sans. J'ai hésité à mettre les rabats de poches parce que sans ça donnait un côté pyjama très agréable à l'œil. Dans ma réserve j'avais le choix entre des boutons bleus clairs ou des marrons, j'ai pris ces derniers pour ne pas avoir encore à sortir chercher des fournitures (mais peu après avoir fait les boutonnières l'information selon laquelle 2+2+2+6≠10 est remontée à la surface corticale. Je suis donc ressortie chercher un gros ballotin de boutons en nacre chez De Gilles. Maintenant je pourrais passer 10 ans sans sortir, même en ne faisant que des chemises). Voyant que le terrain était dégagé, j'ai voulu faire du social et employer pour une fois mon pied à boutonnière automatique testé à l'automne. Je n'ai pas fait d'essai, le tissu était gentil et tout plat. Ben j'ai eu beau faire bien comme il fallait, ça a foiré dans les grandes longueurs, qu'il y ait du thermocollant ou pas sur la surface concernée. En voilà un qui n'est pas prêt de revoir la lumière du jour...

    For your lover give some time

      Voilà, voilà... Moi je suis très à l'aise dedans, le damoiseau tique encore un peu sur la carrure dos mais sachant qu'il est plus habitué aux toiles de parachutes qu'aux chemises de minet je ne m'en fais pas trop.

    For your lover give some time

    For your lover give some time

    For your lover give some time

    'vais ptêt rajouter un capucin là-dessus, quand même...

      La prochaine fois, je testerai la taille 44 pour moi avec un coupon rayé trouvé pour une bouchée de pain bio au toto de Nantes.


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  • Le vicomte est un esthète, il coud aussi pour son logis et celui de ses proches.

    Commençons par une modeste galette de chaise, dans le ventre de laquelle ont été recyclés un pull troué et la jupe de ce projet, bon plan pour utiliser 2 morceaux de patchwork de bon goût acquis en même temps que le tissu pour l'aubépine. La nécessité de ce coussin devenait criante pour mon pauvre derrière.

    Le Vicomte maison


    Puis un petit range-tout pour m'accompagner en cours de projet couture. J'ai beau vivre dans un petit espace, entre les ciseaux posés sur le lit, le coussin à épingle laissé à la salle de bain lors d'un essayage, la craie par terre pour une découpe improvisée, le coupe-fil sur le tapis, le fil pour les parements caché sous les chutes, un bout de parementure planqué entre 2 fringues sur une chauffeuse..., je finis toujours par semer mon matériel, et c'est bien connu, c'est toujours au moment où on en a le plus besoin que ces choses demeurent introuvables. La ronchonnite subséquente systématique commençait à devenir pesante; aussi ai-je décidé de faire dans des chutes ce petit panier dans lequel je me suis formellement promis de remettre les ustensiles après chaque usage. Jusque là je m'y tiens à peu près, et les dimensions de l'objet ont été validées.
    La prochaine fois il faudrait que je fasse un "mouchoir" de classement à aiguilles de MAC, car je les change rarement faute de m'y retrouver facilement, c'est une honte.

    Le Vicomte maison


    Et maintenant le plat de résistance. Une amie m'a demandé si pouvais réaliser une commande spéciale pour elle. J'ai dressé l'oreille : il s'agissait de confectionner une nappe pour une table ronde, avec un jeu de jours pour pouvoir profiter des dessins du bois tout en protégeant la table. La nappe plastique n'étant pas une option, j'ai commencé à me creuser la tête. Après quelques propositions imagées, l'option "croix potencée" a été choisie.

    Le Vicomte maison


    Ensuite on s'est bien amusées à relever le "patronage" de la marqueterie de la table et à choisir 2 types de lin (je ne savais pas que ça pouvait atteindre le double du prix du liberty!). Je passe sur la confection, toujours est-il que quelques jours après la livraison, l'inconvénient du découpage choisi est clairement apparu, la nappe étant en processus de FBA permanent sur sa table.

    Le Vicomte maison


    Il a fallu faire une deuxième session de tests pour décider de la façon de "brider" l'engin. Tissu plutôt que ruban, en carré plutôt qu'en croix, et sur une épaisseur de morceau de bois. Après passage à l'atelier, la nappe était fin prête à la grande satisfaction de sa propriétaire.

    Le Vicomte maison

    À gauche : face lin "café au lait", ourlé avec un biais beige
    À droite : face lin beige, ourlé avec un biais en lin à petites fleurs roses


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  • Reprenons les choses où nous les avions laissées : en pleine hormonothérapie.
    Le torse de l'homme de l'Ouest a besoin de douceur sous son rude manteau de laine. Point de Negroni ici, mais développement d'un patron de chemise (eh oui, encore une).

    Voici quelques années, j'avais acheté une chemise d'homme dégriffée sur un vide-grenier à cause de sa prestigieuse couleur "bleu interne" (elle a un peu perdu de sa superbe au fil des lavages). Elle m'allait pile poil mais les coutures n'étaient pas de très bonne qualité. Au fur et à mesure des portages, j'ai pu me rendre compte à quel point sa coupe met le corps en valeur de façon différente de mes chemises habituelles.

    La vie au ranch

      - Elle est droite avec une léger rapprochement de la ligne de côté au niveau de la taille.
      - Les épaules sont plus longues, moins pentues, et l'emmanchure plus vaste.
      - Il n'y a pas d'empiècement au dos ni de relarge, ce qui n'entrave pas pour autant les mouvements.
      - Pas de patte de boutonnage mais une parementure.
      - Le bassin est cintré.
      - L'ourlet du bas est droit.
      - Les manches sont très longues.

    Curieuse de découvrir les secrets de cette chemise et de la reproduire avec le coupon à carreaux préattribué, j'ai d'abord construit un fond de base de corsage sans pinces en taille 38, puis son élargissement en base corsage, puis j'ai minutieusement reporté les mesures prises sur la chemise pour tracer le patron final en gardant la même ligne de dessous de bras. La pointe des épaules est montée...très haut. J'ai donné 3cm en plus pour le tour de bassin qui était juste et remonté un peu la ligne de taille. Ensuite, manches liquette (celles avec une faible hauteur d'emmanchure) plus courtes de 6cm et col simple (avec le pied incorporé dans la construction).

    La vie au ranch


    La découpe du tissu m'a bien pris 2 heures, étant donnée la combinaison {carreaux + largeur de carreaux inégale (arghhh !!) + laize 80cm (gnééé ???) + longueur pas tout à fait suffisante + marges de couture non-incluses + nappe en dessous à ne pas découper}

    La vie au ranch


    L'avantage d'avoir un modèle est que cela m'a bien simplifié la tâche pour savoir où j'allais mettre du thermocollant et organiser les étapes de montage.

    Je me suis gourée dans le montage de mes parementures devant (à 22h on est bien trop sûr de soi), j'ai réparé le lendemain mais du coup le côté de col avec thermocollant se retrouve en dessous. Je vais bien voir si c'est si grave que ça.
    Les coutures internes sont rabattues (je hais cordialement les coutures anglaises) (et d'ailleurs la similitude de l'aspect envers-endroit avec les coutures rabattues est à l'origine de la méprise de 22h) (j'adore les parenthèses). Comme j'avais oublié mes lunettes à Paris, j'ai fini par avoir les yeux sur les rotules au énième bouton à coudre...
    J'ai reproduit le même type de patte de boutonnage en une pièce que sur la chemise originale.

    La vie au ranch

    La vie au ranch

    La vie au ranch

    La vie au ranch


    Les manches sont un centimètre trop courtes cette fois, et le bassin ma foi n'a rien de trop. Tout le reste est validé. Y compris par ma mère : "Ah, elle a les épaules larges ta chemise, c'est une comme ça qu'il me faut ! Parce que dans l'autre je suis trop engoncée." Tu m'étonnes, John ! L'"autre" étant une adaptation de celle-ci.

    La coupe élancée et très pratique promettent donc cette nouvelle chemise à un bel avenir et une petite descendance.


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